
Par Seb O'LearyFondateur#SaveStargate : La Saga de l'été
Amazon a annulé sa nouvelle série Stargate, sept mois après l'avoir commandée. En réponse, un fandom entier s'est levé, et il ne fait pas semblant : une pétition qui frôle les 115 000 signatures, des avions qui écrivent dans le ciel de Los Angeles et de San Diego, des panneaux à Times Square, des acteurs qui reprennent du service, et même un podcast lancé par Michael Shanks. Ce dossier vous raconte tout, des coulisses de l'annulation jusqu'à la mobilisation mondiale, le jour même des vingt-neuf ans de Stargate SG-1.
Existe-t-il une saga de science-fiction qui rassemble autant que celle dont on va parler aujourd'hui ? Une histoire qui, en presque trente ans, aura fait rêver des millions de gens à l'idée qu'une simple porte puisse nous emmener à l'autre bout de la galaxie. Alors voilà, installez-vous, parce que ce qu'on va vivre ensemble n'est pas une critique ni une rétrospective de plus. C'est le récit, en direct, d'un studio qui a voulu refermer la Porte, et d'un fandom qui a décidé, lui, qu'il n'en était pas question. Accrochez-vous.
Une série promise, puis reprise en pleine nuit
Pour comprendre la colère, il faut d'abord mesurer l'espoir. Le 19 novembre 2025, Amazon MGM Studios annonce une nouvelle série Stargate en live-action, commandée directement en série, pour Prime Video, dans le monde entier. Pas un pilote timide qu'on peut enterrer discrètement : une vraie commande ferme. Et à la barre, un nom qui rassure toute la communauté, Martin Gero, un vétéran de la maison qui a fait ses premières armes comme story editor sur Atlantis. Autour de lui, un casting de producteurs qui ressemble à des retrouvailles de famille : Dean Devlin et Roland Emmerich, les créateurs du film de 1994, plus Brad Wright et Joe Mallozzi, les architectes des séries d'origine, en consultants.
Le jour de l'annonce, Gero écrit une phrase que les fans ont gardée précieusement :
« Il y a vingt ans, mon premier vrai boulot à la télévision était story editor sur Stargate Atlantis. Celle-là, elle est pour vous. »
Pendant sept mois, la machine tourne à plein régime. Une writers room de vingt semaines boucle l'écriture. La préproduction démarre au Royaume-Uni. Les décors se dessinent, le casting se prépare, un tournage se profile pour l'automne. Et puis, début juin 2026, patatras. Variety sort l'info, Deadline confirme dans la foulée : Amazon abandonne la série. Sept mois après l'avoir commandée. Avant même le premier jour de tournage. Oui, vous avez bien lu.
La raison officielle ? Il n'y en a aucune. Amazon n'a jamais publié le moindre communiqué. Tout ce qu'on sait vient d'une source anonyme citée par Variety : des dirigeants auraient eu peur que la vision de Gero « ne séduise pas au-delà de la base de fans déjà dévouée à la franchise ». Traduisez : ils ont eu peur que ça ne parle qu'aux passionnés. Comme si les passionnés étaient le problème, et pas exactement la raison pour laquelle une saga traverse trois décennies.
Les gardiens de la Porte montent au créneau
Les premiers à réagir, ce sont ceux qui ont bâti cet univers de leurs mains. Le 3 juin, Joe Mallozzi, l'un des architectes de la légende, confirme et refuse dans le même souffle :
« Malheureusement, c'est vrai. Amazon a choisi de ne pas aller plus loin avec la nouvelle série Stargate. »
Et quand la presse répète l'argument du studio, celui du fameux « manque d'attrait grand public », Mallozzi ne laisse rien passer : « Non. Désolé. Je vais devoir m'inscrire en faux là-dessus. On a toujours eu à cœur de créer une série qui aurait un attrait large. » Le même jour, Brad Wright, l'homme sans qui rien de tout ça n'existerait, lâche une phrase qui serre le cœur :
« Martin et son équipe faisaient un travail incroyable, et j'aurais aimé que le monde puisse le voir. »
Voilà le décor planté. Une série sabordée en coulisses, sans un mot d'explication, saluée par ses propres créateurs. Il ne manquait plus qu'une étincelle. Et cette étincelle, elle est venue de vous. De nous.
Quand la colère se transforme en mouvement
Ce qui aurait pu n'être qu'une vague de tweets amers est devenu, en quelques semaines, l'une des mobilisations de fans les plus impressionnantes qu'on ait vues. Son nom tient en un mot dièse : #SaveStargate. Et son premier réflexe, c'est une pétition. « Save Stargate with Martin Gero », lancée sur Change.org, grimpe à près de 74 000 signatures en dix jours. Elle passe les 100 000 fin juin, dépasse les 110 000 à la mi-juillet, et à l'heure où j'écris ces lignes, la voilà qui affiche ce chiffre :
Chiffre relevé le 27 juillet 2026 sur Change.org. Pour une franchise soi-disant « sans attrait large », le compteur a un petit goût d'ironie, non ?
Mais une pétition, ça se signe depuis son canapé. Et la vraie force de ce mouvement, c'est justement d'avoir refusé le canapé. Un fan, James Kerfoot, ouvre une cagnotte GoFundMe au titre limpide : « SaveStargate : Don't Close The Gate ». Elle dépasse les 19 000 dollars. Et avec cet argent, la communauté ne va pas envoyer des fleurs poliment. Elle va écrire son message dans le ciel.
Le fandom qui écrit dans le ciel
Première frappe, spectaculaire. Le 16 juin 2026, entre 11 heures et 13 heures, un avion tracte une banderole au-dessus des studios Amazon MGM, à Culver City, en plein Los Angeles. Le message, écrit noir sur blanc dans le ciel californien : « #SaveStargate, Fans Want Gero Back ». Rendez-nous Gero. Difficile de faire plus direct. Au sol, des fans se rassemblent devant l'arche mythique des Culver Studios pour immortaliser la scène. Pendant ce temps, un tweet storm coordonné inonde X, des acteurs relaient en direct, et un livestream de fans dépasse, selon la presse spécialisée, les 92 000 spectateurs. Le message est clair comme de l'eau de roche : on sait où sont vos bureaux, et on sait viser.
Deuxième frappe, et pas n'importe où : en plein cœur du monde. Le 27 juin, la campagne s'offre Times Square. Des panneaux numériques s'allument au-dessus d'un vortex, avec des messages taillés sur mesure pour la communauté : « HELP US REOPEN THE IRIS », « THEY'RE TRYING TO CANCEL THE GATE PROGRAM », « UNSCHEDULED OFF-WORLD CANCELLATION ». Pour qui connaît la saga, chaque ligne est à la fois un clin d'œil et un uppercut. Le clip du direct dépasse les 16 000 vues en quelques heures. Mallozzi commente, tout simplement : « Pretty amazing. »

Et pendant le San Diego Comic-Con 2026, la campagne a frappé là où bat le cœur de toute la pop culture mondiale : un avion #SaveStargate a survolé le San Diego Convention Center. Le même week-end, un « Happy Hour » SaveStargate réunissait les fans sur un rooftop de la ville, sans badge, sans barrière, juste l'envie d'être ensemble. Faire voler une banderole au-dessus de la plus grande messe geek de la planète, quelques semaines après avoir survolé le siège d'Amazon, croyez-moi, ce n'est pas un hasard de calendrier. C'est une démonstration de force.
Le monde entier se lève, et devinez qui ouvre le bal
On pourrait croire à un feu de paille américain. C'est tout l'inverse, et je vais vous le prouver. Le tout premier grand tweet storm, celui du 10 juin, a été lancé et coordonné depuis la France, par le site Stargate Fusion. Résultat : #SaveStargate entre dans le top 10 mondial des tendances. Numéro 2 en Norvège, numéro 4 en France, entre la 7e et la 8e place aux États-Unis. La consigne était limpide, presque militaire : un seul hashtag, #SaveStargate, pour que la force ne se disperse jamais. La communauté française n'a pas suivi le mouvement, elle l'a allumé.
Puis le mouvement a pris corps, physiquement, aux quatre coins du monde. Le 18 juillet, des fans se retrouvent à Londres, face au London Eye, pour l'étape européenne de la campagne. Le même week-end, des rencontres locales s'organisent ailleurs en Europe, aux Pays-Bas notamment. Aux États-Unis, la campagne tient une table à la convention Shore Leave 46, en Pennsylvanie, où une banderole passe de main en main pour récolter les signatures. Ce ne sont plus des internautes anonymes derrière un écran. Ce sont des visages, des villes, des drapeaux.

Ce pèlerinage jusqu'aux lieux de tournage, ce n'est pas rien. C'est le fandom qui va toucher du doigt son histoire, là où tout s'est écrit.
Quand les héros reprennent du service
Et là, on arrive au plus beau. Voir les acteurs redescendre sur le terrain, aux côtés de celles et ceux qui les ont fait entrer dans la légende, ça n'a pas de prix. Le premier à allumer la mèche, c'est Michael Shanks, notre Daniel Jackson. Un simple « #savestargate », des milliers de likes en quelques heures, puis ce message qui dit tout :
« Je suis tellement fier de ce fandom, et de la façon dont vous vous êtes tous rassemblés. »
Derrière lui, c'est presque tout Atlantis qui répond présent. David Hewlett, l'inoubliable Rodney McKay, poste un « I'm in… Where do you need me ? » et va signer la banderole en personne à Shore Leave. Rachel Luttrell, la Teyla d'Atlantis, ressort ses photos d'archives et rallie le casting. Robert Patrick, le colonel Sumner, entre dans la bataille sans détour : « Cette communauté est rare. #SaveStargate LFG. » Christopher Judge, notre Teal'c, résume tout d'un « #SaveStargate Indeed » suivi d'un cœur. Et même Simone Bailly ou Peter Kelamis s'y mettent, l'humour en bandoulière.

Et puis il y a Joe Flanigan, notre John Sheppard. Après six semaines de silence, le premier acteur à avoir vu de l'intérieur le projet de Gero prend enfin la parole, en vidéo, juste avant le rassemblement de Londres. Ses mots sonnent comme un ordre de mission :
« Les gens changent d'avis. Votre soutien compte énormément pour nous. Ne croyez pas que vous faites ça en vain. »
Une précision, parce qu'un dossier béton, c'est aussi un dossier honnête. On a beaucoup fantasmé sur d'autres visages, mais à l'heure où j'écris, rien ne permet d'affirmer qu'Amanda Tapping, Richard Dean Anderson ou Ben Browder ont rejoint publiquement le mouvement. Le front des comédiens, aujourd'hui, c'est d'abord la famille Atlantis, renforcée par Shanks et Judge. Ça n'enlève rien à la force du signal. Ça le rend juste honnête.
Et pendant ce temps, le fandom construit
Le plus fort, c'est que la communauté n'attend plus la permission de personne. Au Comic-Con de San Diego, le 25 juillet, Michael Shanks a lâché une nouvelle qui a électrisé les fans : il lance un podcast de revisionnage de Stargate SG-1, épisode par épisode, avec des invités du casting et de l'équipe. Départ visé vers la mi-octobre, et si l'aventure prend, elle continuera avec Atlantis, puis Universe. Autrement dit, un projet Stargate porté par ses propres acteurs, qui existe sans attendre le feu vert d'un studio.
Et une rumeur, à prendre avec des pincettes tant que rien n'est officiel, fait retenir son souffle au fandom : Amazon chercherait déjà un nouveau scénariste pour reprendre le flambeau, ce qui voudrait dire que la série n'est pas totalement enterrée, seulement la version de Gero. À confirmer, prudence donc. Mais le simple fait que la question se pose en dit long : la pression fonctionne.
La feuille de route, étape par étape
Et le plus impressionnant, c'est que rien de tout ça n'est improvisé. La campagne s'est donné un vrai plan de bataille, une feuille de route en six étapes, dont voici l'état des lieux :
Feuille de route de la campagne, telle qu'elle est publiée sur savestargate.com. Et oui, la dernière étape s'appelle vraiment « l'espace », prévue pour le 8 août. On a hâte de voir ça.
Le 27 juillet, le jour où la Porte fête ses vingt-neuf ans
Et ce n'est pas un hasard si ce dossier tombe aujourd'hui. Il y a deux jours à peine, le 25 juillet 2026, la communauté vivait son #SaveStargate Day, une journée mondiale d'action en ligne. L'idée était simple et belle : que partout, à la même heure, les fans et les créateurs postent du Stargate, du positif, du beau, pour montrer aux algorithmes et aux studios qu'un fandom vivant, ça ne se range pas dans un tiroir. Pas de la colère, de la fierté.
Mais si nous publions ce dossier précisément aujourd'hui, c'est pour une raison qui nous dépasse tous. Nous sommes le 27 juillet 2026, et cela fait exactement vingt-neuf ans, jour pour jour, que Stargate SG-1 a franchi la Porte pour la toute première fois, en 1997. Vingt-neuf ans. Faites le calcul avec moi : 214 épisodes pour SG-1, 100 pour Atlantis, 40 pour Universe. Des centaines d'heures, des dizaines de mondes, une galaxie entière bâtie épisode après épisode. On ne referme pas ça d'un simple vote en salle de réunion. Ou alors on découvre, comme Amazon est en train de le découvrir, que la Porte a une volonté bien à elle.
Et c'est ce jour-là, cet anniversaire précis, que nous avons choisi pour ouvrir Stargate Initiative. Parce qu'un fandom qui se bat pour sa saga méritait une maison de plus, en français, faite par des fans, pour des fans. Alors joyeux anniversaire, SG-1. On ouvre la Porte avec toi.
Pourquoi tout ça compte, vraiment
Il serait tentant de voir dans cette histoire une bataille de fans nostalgiques pour une série de plus. Ce serait passer complètement à côté de l'essentiel. Ce que raconte #SaveStargate, c'est une communauté qui a refusé d'être réduite à une ligne dans un tableau de streaming. Des gens qui ont sorti leur carte bleue pour faire voler un avion, qui ont synchronisé des fuseaux horaires pour faire trembler un hashtag, qui se sont retrouvés au pied du London Eye et sur un rooftop de San Diego parce qu'une histoire, un jour, les a rendus un peu meilleurs. Amazon cherchait un « attrait grand public ». Il a sous les yeux quelque chose de bien plus rare : un public qui aime assez fort pour se battre.
Rien n'est gagné, soyons lucides. Une pétition n'est pas un contrat, une banderole n'est pas une commande de série. Mais quelque chose a changé, et ça, personne ne pourra le reprendre. Le fandom a prouvé qu'il existait, qu'il était nombreux, organisé, digne. Il a rappelé au plus grand studio du monde que derrière chaque licence, il y a des gens. Et si, un jour, la Porte se rouvre, ce sera grâce à eux. En attendant, il ne nous reste qu'une chose à faire, la même que SG-1 quand tout semblait perdu : avancer, ensemble, vers la Porte.
Alors rejoignez le mouvement. Signez la pétition, partagez, postez du Stargate en ce jour d'anniversaire, montrez que le fandom francophone est là, lui aussi, et bien vivant. La galaxie nous a toujours appris une seule et même chose : on ne laisse jamais personne derrière.
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