
Par Seb O'LearyFondateurMICHAEL SHANKS AURAIT DU REVENIR DANS LA NOUVELLE SERIE STARGATE.
Trois mois après l'annulation, l'acteur a lâché l'information sur une scène de Birmingham : Daniel Jackson revenait en personnage principal. Et on sait désormais ce que la série devait raconter.
Vous vous souvenez du 2 juin 2026 ?
Ce jour là, Amazon annulait la nouvelle série Stargate, sept mois après l'avoir commandée. Et dans les heures qui ont suivi, un nom est monté au créneau plus fort que tous les autres : Michael Shanks.
On a mis trois mois à comprendre pourquoi.
La réponse tient en une phrase, lâchée le week-end dernier sur la scène de la Starfury : Ascension 2, une convention entièrement consacrée à Stargate qui s'est tenue du 28 au 30 août à Birmingham, en Angleterre. Il en faisait partie.
« Je me suis exprimé aussi fort parce que j'aurais moi-même été impliqué »

Le panel de la Starfury : Ascension 2, à Birmingham. Photo @GATER_ONE.
La phrase est tombée sans détour, de la bouche de l'acteur, assis aux côtés de son épouse Lexa Doig, à qui l'on doit le Dr Carolyn Lam dans SG-1.
Tout s'éclaire. Les pétitions relayées, les appels aux fans pour saturer les standards d'Amazon MGM Studios, l'été entier passé à porter #SaveStargate à bout de bras. Ce n'était pas seulement de la nostalgie, ni de la solidarité entre anciens collègues. Daniel Jackson devait revenir.
Et pas en visiteur de courtoisie. Shanks parle d'un retour au casting régulier, en personnage principal. Sur scène, il décrit Daniel comme « un visage familier servant de pont entre l'univers existant et une nouvelle aventure ».
Ni clin d'œil poli en fin de pilote, ni relecture nostalgique. Une passerelle assumée entre l'ancien et le nouveau, portée par quelqu'un qui devait être là toute la saison.
Le compte rendu du panel publié par nos confrères allemands de Stargate-Project ajoute un détail qui fait mal à lire. L'acteur aurait expliqué que cette convention avait pour lui une saveur particulière, puisque lui et Lexa avaient prévu de s'installer en Angleterre à peu près à cette période de l'année, pour le tournage. Celui qui devait démarrer à Londres à l'automne 2026.
Autrement dit : pendant qu'il répondait aux questions des fans sur une scène de Birmingham, Michael Shanks aurait dû se trouver sur un plateau anglais, en train de renfiler la veste de l'archéologue le plus têtu de la galaxie.
Il a lu le pilote, et Lexa Doig aussi

Daniel Jackson devait revenir au casting régulier, vingt ans après.
Michael Shanks confirme avoir travaillé en lien direct avec Martin Gero pendant tout le développement, et avoir lu le script du pilote. Son verdict ne laisse pas beaucoup de place au doute.
Martin Gero a réussi quelque chose qui semblait impossible : la série honorait à la fois l'univers Stargate existant et son fandom, tout en offrant aux nouveaux venus une porte d'entrée accessible.
Lexa Doig l'a lu aussi. Mais elle a coupé court aux fantasmes : elle n'était pas castée sur le projet. Elle se décrit comme « une absolue nerd » qui aurait adoré voir cette série exister. Une jolie façon de dire qu'elle a lu quelque chose de bien, et qu'elle n'y aurait pas participé.
Ce que cette série devait raconter

Sur la scène de Birmingham, entre deux questions. Photo @GATER_ONE.
Voilà la partie qui va faire le plus parler. Et voilà aussi celle où il faut être le plus rigoureux sur la provenance.
Ces éléments ne viennent pas du panel de Birmingham. Ils viennent de David Read, qui les tient de ses contacts au sein du studio et les a détaillés sur Dial the Gate. Traitez les donc pour ce qu'ils sont : des informations de bonne source, mais non confirmées publiquement par un membre de la production.
Le pitch, d'abord. L'histoire devait se dérouler dans une réalité alternative. Daniel Jackson s'y retrouvait propulsé à bord d'un nouveau vaisseau terrien baptisé Argo, appartenant à une classe inédite, la BC-307. Pour situer, on est donc sur une génération postérieure aux BC-304 de classe Dédale que la franchise nous avait laissés. Le vaisseau se retrouvait en orbite autour d'une Terre alternative, où le programme Porte des étoiles ne s'était pas développé comme celui que l'on connaît.
Deuxième élément, et il en dit long sur les intentions de Martin Gero : la Porte elle même ne devait pas servir tout de suite. Son activation n'était pas prévue avant plusieurs épisodes. Voilà qui éclaire le rythme qu'il avait en tête, très loin de la mission de la semaine.
Troisième élément, et celui là fera plaisir aux nostalgiques : plus d'une demi-douzaine d'anciens acteurs de la franchise devaient revenir, en récurrents ou en invités. La réalité alternative offrait d'ailleurs une souplesse redoutable, puisqu'elle permettait de faire réapparaître des visages connus sans rester prisonnier de ce que la continuité avait déjà écrit pour eux.
Enfin, le format. Dix épisodes pour la première saison, ce qui corrobore ce que Martin Gero avait laissé entendre plus tôt dans l'année.
Et là, une mise au point s'impose, parce que l'information circule beaucoup et de travers. Une saison de dix épisodes prévue n'est pas une saison de dix épisodes écrite. La writers room a bien tourné une vingtaine de semaines depuis janvier 2026, Joseph Mallozzi avait livré au moins un plan d'épisode, mais à ce stade seul le script du pilote est explicitement confirmé comme lu et bouclé. Prudence.
Ce que dessine l'ensemble, c'est une série qui cherchait vraiment la quadrature du cercle dont parle Shanks. Une réalité alternative, c'est le seul dispositif qui permet à la fois de rouvrir la porte à tous les anciens et de repartir d'une page blanche pour un nouveau spectateur. On peut trouver le procédé balisé, la franchise ne s'en est jamais privée. On ne peut pas dire qu'il ne répondait pas au cahier des charges.
Un seul homme, une seule signature
Et puis il y a la partie de la déclaration qui va faire du bruit.
Interrogé sur les raisons de l'annulation, l'acteur n'a pas tourné autour du pot. Pour lui, tout tient à une seule personne : Blair Fetter, responsable du pôle Worldbuilding & Genre Series chez Amazon MGM Studios. Arrivé en poste après la validation du projet. Autrement dit, un cadre qui aurait enterré une série qu'il n'avait pas commandée.
Le contexte donne du poids à l'accusation.
La série avait été officialisée sous l'impulsion de Peter Friedlander, avec Nick Pepper et Matt King comme principaux défenseurs du projet en interne. Les deux hommes ont depuis quitté le studio. Le dossier a donc atterri sur le bureau de quelqu'un qui n'avait aucune raison, ni affective ni politique, de le porter.
Le motif rapporté à l'époque par Variety : une série qui n'aurait pas d'attrait au-delà de la base de fans déjà acquise.
C'est très exactement cet argument que Shanks a démonté sur scène, et sur deux fronts. D'abord parce qu'une franchise comme Stargate repose entièrement sur cette base de fans. Ensuite parce qu'il a lu le pilote, et que ce pilote proposait selon lui une aventure entièrement neuve. Joseph Mallozzi disait déjà la même chose en juin : l'équipe avait « constamment gardé en tête l'idée de créer une série au potentiel large ».
Dernier détail, et il pique. L'acteur a confirmé que le budget aurait permis des effets visuels tout simplement hors de portée des trois séries précédentes. Avec Nathan Crowley à la direction artistique et Mohen Leo, venu d'ILM, à la supervision des effets visuels, on veut bien le croire.
Et maintenant ?

Le drap #SaveStargate, signé par les fans tout au long du week-end.
Sur les chances de voir le projet revenir, Michael Shanks a soigneusement évité de vendre du rêve. Pas de promesse, pas de teasing. Juste la reprise d'une idée déjà formulée par Martin Gero : tout dépendra d'un éventuel changement de direction chez Amazon, et de quelqu'un qui reconnaîtra enfin la valeur de cet univers.
En attendant, il fait ce qu'il sait faire de mieux depuis juin. Il refuse de laisser retomber le soufflé. Le 24 juillet, lors de l'événement Save Stargate organisé au Comic-Con de San Diego, il annonçait le lancement d'un podcast rétrospectif coanimé avec David Read, prévu pour la mi-octobre, avec un visionnage épisode par épisode depuis le pilote de SG-1.
Sa formule résumait assez bien l'état d'esprit : « Ce qui se passe quand ce genre de truc arrive, c'est que je m'énerve, et ensuite je me motive. »
Et cette autre phrase, qui prend une tout autre épaisseur maintenant qu'on sait : « Stargate est bien vivant, même si Amazon ne le pense pas. »
Ce qu'on n'oubliera pas

Starfury : Ascension 2, Birmingham, du 28 au 30 août 2026.
Reste une image dont on aura du mal à se débarrasser.
Celle d'un acteur qui avait déjà prévu de traverser l'Atlantique. Qui avait lu le script. Qui savait exactement quel visage Daniel Jackson allait avoir vingt ans après. Et à qui on a tout retiré parce qu'un cadre fraîchement arrivé ne voyait pas l'intérêt du dossier posé sur son bureau.
Et derrière lui, un vaisseau qui n'existera jamais. Une Terre alternative que personne ne verra. Une demi-douzaine de visages familiers qu'on ne reverra pas.
Depuis 1997, cette franchise encaisse ce genre de décision. Et depuis 1997, elle refuse de mourir.
La pétition, elle, est toujours ouverte. Le mur de soutien aussi. Tout est réuni sur notre page #SaveStargate.
Sources
panel de Michael Shanks et Lexa Doig, Starfury : Ascension 2, Birmingham, 28 au 30 août 2026, rapporté par Stargate-Project.de et Stargate-Fusion. Détails scénaristiques : David Read, Dial the Gate, via ses contacts au studio. Compléments : GateWorld, Variety, CinemaBlend, Cosmic Book News.
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