

Stargate, la porte des étoiles
Le film fondateur
Réal. Roland Emmerich
Tout commence ici. La découverte d'un immense anneau antique permet d'ouvrir un passage vers un monde désertique, Abydos, où un peuple est asservi par un être se faisant passer pour un dieu. Le film pose les bases d'un univers que les séries développeront pendant des décennies.
Où regarder
En 1928, une équipe d'archéologues déterre en Égypte un immense anneau de pierre couvert de symboles inconnus. Des décennies plus tard, l'égyptologue marginal Daniel Jackson, moqué par ses pairs, perce enfin le secret de l'artefact : une Porte des étoiles capable d'ouvrir un passage vers un autre monde. Une équipe militaire menée par le colonel Jack O'Neil, un homme brisé par la mort de son fils, franchit l'anneau et débarque sur Abydos, une planète désertique où un peuple humain est asservi depuis des millénaires par Râ, un être qui se fait passer pour le dieu solaire. Entre la révolte des habitants, une bombe atomique cachée dans les bagages et le choc de deux civilisations, les visiteurs vont devoir renverser un faux dieu pour espérer rentrer chez eux.
Importance mythologique
La pierre fondatrice de toute la saga : la Porte, les faux dieux venus des étoiles, Abydos et son peuple asservi, tout ce que les séries développeront pendant vingt ans naît dans ces deux heures.
La critique
Revoir le film de 1994 aujourd'hui, c'est un exercice étrange et attachant. On y sent l'ADN de tout ce qui suivra, l'anneau qui s'illumine, la première traversée, Abydos et son soleil de plomb, mais dans un emballage qui n'a plus grand chose à voir avec les séries. Roland Emmerich et Dean Devlin livrent un grand spectacle des années 90, sérieux, presque solennel, sans une once de l'humour qui fera plus tard le sel de SG-1. Kurt Russell y campe un O'Neil suicidaire et glacé, très loin du Jack bavard de la télévision, et James Spader un Daniel Jackson génial et paumé qui, lui, ne changera presque pas. Le vrai coup de génie du film, c'est Jaye Davidson en Râ : androgyne, cruel, inquiétant, un faux dieu comme la saga n'en refera jamais d'aussi vénéneux. Visuellement, la révélation de la Porte et la traversée du vortex restent des images fondatrices qui donnent encore des frissons. Le film pèche par un rythme parfois lourd et une psychologie sommaire, et il faut bien avouer que les séries ont surpassé leur géniteur sur presque tous les plans. Mais sans ces deux heures, rien n'existerait. On lui pardonne tout, comme on pardonne à un premier amour : il a ouvert la Porte.
Écrit par Sebastian
Créateur et rédacteur en chef de Stargate Initiative
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